Le rendez-vous annuel des indés et de l'autoproduction

Edito 2020

C’EST LA CA-TA ! Finito les concerts...

Enfin pas tout à fait. La Laiterie à Strasbourg a testé un concert debout avec une jauge complète à 60 personnes au lieu de 870 en temps normal. Autant dire que le résultat a été mitigé. D’un point de vue financier d’abord, car il est impossible de s’en sortir avec seulement de la billetterie. Ensuite au niveau de l’ambiance. Toute personne ayant vécu un concert inoccupé au 4/5ème, avec un écart de 2 mètres entre chaque personne, un demi-cercle vide de 3 mètres devant la scène et un groupe se démenant tant bien que mal pour accrocher en vain le public sait de quoi nous parlons. Le public est aussi le concert !

Nous aimons bien la démarche de la Gare jazz à Paris. Un concert d’une chanson, un spectateur, 100 concerts par soir. Plutôt que d’adapter le concert au protocole sanitaire, ils ont adapté le concept du concert au protocole sanitaire. Ce n’est pas tout à fait pareil. Malin.

Nous sommes cependant loin d’un modèle viable pour le secteur. Artistes, labels, tourneurs, salles de spectacle, festivals, techniciens, médias, attachés de presse... le château de cartes commence à s’effondrer et ça ne va pas être joli joli.

Qu’en est-il pour les indés ? Vont-ils survivre à cette crise ? Sont-ils une espèce en voie de disparition ? Enquête.

Tout d’abord la majorité des indés ne gagnait pas beaucoup d’argent avant la crise. Ils ne vont donc pas en perdre beaucoup après ! Pas de bureaux, pas d’employés, pas de voitures de fonction, autant de charges fixes inexistantes pour la bourse de nos indés ! Manger des pâtes ça les connaît. Ils en ont un stock pour 6 mois à côté de la montagne de flyers non distribués en 2016 (qui peut servir de papier toilette en dernier recours – aie, non ça fait mal!).

Leurs concerts avaient une jauge de 100 personnes, elle sera désormais complète à 10. Du coup pas de changement à signaler de ce côté-là si ce n’est l’opportunité de pouvoir écrire sur la bannière Facebook annonçant les dates de tournées le mot « COMPLET » à plusieurs reprises. La classe !

Concernant les dates qui n’auront simplement pas lieu, c’est la chance de faire des « live stream » devant une fan base « otage » des réseaux sociaux. Pour l’indé que du bonheur : pas de transport en camion (éco-responsabilité), pas de sandwich triangle sur l’autoroute, pas d’attente interminable entre les balances et le concert, pas d’obligation à parler aux fans au merchandising après le show. Ouf ! L’accès aux grands médias ? Là aussi peu de changements, toujours inexistant.

Mais l’aspect le plus positif c’est certainement tout ce temps libre à disposition. Il sera parfait pour écrire le nouvel album concept qui taraude notre indé depuis tant d’années : une œuvre de 47 chansons de 38 secondes, ode au temps qui passe. Parfait aussi pour réfléchir à une nouvelle orientation stratégique de son label sweet-surf-pop-indus vers l’electro-euro-trap-à-souris pour évoluer avec son époque.

En résumé, les indés post-covid seront comme les cafards après une explosion nucléaire : toujours là.

Blague à part, les temps vont être rudes. Nous souhaitons beaucoup de courage à tous les acteurs du secteur. Serrons-nous les coudes et serrons bien les fesses !

Dans l’attente de pouvoir sentir votre sueur aigre dans un pogo festif sous une pluie de pintes renversées, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de notre profond respect.

L’ÉQUIPE DE LA JIMI

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